artiste/ JonOne
États-Unis
C’est le voyage d’un homme, d’un acte créatif, d’une explosion de couleurs, d’une ligne qui se fraie un chemin d’un pays à l’autre, d’un carrefour de l’espace et du temps. C’est l’évolution de l’artiste John Perello, un jeune New-Yorkais qui a grandi sur la 156e rue, entre Harlem et Washington Heights. Après avoir vu émerger les premiers tags sur les rames de métro hurlantes de la ville, il décide de rejoindre le mouvement sous le nom de Jon156. Le graffiti, dans toute sa liberté et sa gestuelle, marque l’avènement d’une nouvelle ère ; c’est une éruption en technicolor, une révolution graphique inédite.
Dans les tunnels du métro new-yorkais, Jon156 se distingue par sa liberté, son mépris des conventions et son amour de l’abstraction. En 1984, il fonde avec ses compatriotes Rac7 et Kyle le collectif d’artistes de rue 156 All Starz, qui deviendra une communauté internationale. Lors d’une visite à New York en 1987, le graffeur français Bando remarque son travail et l’invite à Paris. C’est un moment décisif ; il y vit depuis lors.
Ses cinq années passées à l’Hôpital Éphémère, suivies d’une série de résidences dans certains des squats et des communes artistiques les plus célèbres de la décennie, ont permis à John Perello, rebaptisé JonOne, d’expérimenter davantage non seulement son utilisation des techniques, mais aussi le choix des médias. Bien qu’il maintienne un lien étroit avec la scène artistique urbaine, son travail transpose principalement l’essence de la peinture murale sur la toile. À l’instar de ces murs remplis de tags, chaque toile devient une sorte de palimpseste.
Pour immortaliser son travail sans en perdre la vitalité et l’énergie brute, JonOne explore les principes de l’action painting et de l’expressionnisme abstrait : les mouvements s’élargissent et s’étendent ; comme Pollock avant lui, JonOne s’immerge physiquement dans ses œuvres, marchant sur les toiles, les éclaboussant de peinture, ajoutant de multiples couches de matière et de couleur.
Travaillant à faire tomber les barrières entre galeries, musées et street art, JonOne décloisonne l’art et l’ancre dans la vie quotidienne en collaborant avec de grandes marques : il a ainsi customisé un jumbo jet d’Air France, conçu sa propre version de l’iconique flacon de parfum Guerlain et sa propre collection capsule pour Lacoste. En 2020, la cristallerie Daum lui demande de concevoir plusieurs pièces de cristallerie exclusives ; en 2021, il repeint des pièces de la Faïencerie de Gien, tissant un nouveau lien entre art et artisanat.
Cette pratique en constante évolution, cette volonté de s’adresser au spectateur et de le surprendre par la diversité de son œuvre et le choix de ses supports, cette énergie physique et vibrante… C’est tout cela que célèbre l’exposition 2023 JonOne à la Piscine de Roubaix, première rétrospective de l’artiste.





